Réponses à l'enquête publique 1855

décembre 2015

Bernex, le 16 décembre 2015




Enquête publique No 1855 Bernex Est


Madame, Monsieur,

L’ASBEC salue le redimensionnement du projet, suite à l’intervention de la Confédération. Nous avions critiqué en 2012 l’aspect mégalomaniaque et le gaspillage de terrain agricole de Bernex-Nord (voir sur notre site Grand Bernex = > Bernex-Nord).
L’association est favorable à un développement raisonnable de Bernex-Est respectant la notion de quartier durable. L’ASBEC accepte le concept de quartier dense pour autant que celui-ci soit intégré dans l’environnement existant.

Toutefois, le projet de modification de zone pose de nombreux problèmes qui rendent son acceptation impossible en l’état.

De plus nous attirons votre attention sur le fait que le non-respect du plan climat cantonal adopté par le Conseil d’État le 25 novembre 2015 – sur le volet mobilité du projet – justifiera une opposition des associations locales qui aura une bonne chance d’être retenue par les tribunaux.


Nous demandons les modifications et compléments suivants au projet de déclassement.

  1. L’ASBEC préconise de renoncer au déclassement de la zone d’habitation au nord de l’éventuel boulevard des Abarois (partie nord du stand de tir) parcelles A1 et A2, quartier de Corbaz et de construire ces nouvelles habitations dans une bande de 400 mètres le long du tram, l’accès doit pouvoir s’y faire à pied. Nous proposons à cet effet de déclasser une surface équivalente entre St Mathieu et la route d’Aire-la-Ville. 
Le déclassement de la partie nord pourra se faire en 2ème étape si nécessaire.
  2. Nous serions prêts à accepter l’emplacement d’une zone d’activité au nord-est de Bernex-Est le long de l’autoroute. 
Toutefois, il convient d’en régler préalablement l’accès routier. À cet égard nous sommes très préoccupés par le décalage inévitable entre l’implantation des activités diverses et du Services des automobiles sans accès à l’autoroute avant une ou deux décennies. 
Nous demandons qu’il soit impossible de traverser le quartier de St Mathieu qui doivent rester de desserte locale. Un soin tout particulier devra être donné à la question du stationnement, à l’accès à l’autoroute et à la desserte transports publics (trolleybus en provenance de Cressy - Onex) qui devront être coordonnés.

  3. La petite parcelle au nord du massif boisé au nord du stand de tir doit rester en zone agricole puisqu’il est prévu à cet endroit un un bassin de gestion des eaux pluviales.

  4. La non prise en compte des parcelles D18 et D19 (futur PLQ des Suzettes) est préoccupante et peu compréhensible. Le PDQ indique « équipements structurants à haute valeur ajoutée », le projet de déclassement la laisse en zone agricole, or c’est ici que se trouvera le futur P + R. Si ce nouveau P + R n’est pas construit en même temps que le prolongement du tram, on ne pourra pas déplacer le P + R provisoire actuel et donc pas mettre en service l’indispensable interface tram - bus régionaux - navette du village prévu sur l’emplacement du P + R provisoire. 
La suppression du terminus provisoire actuel occasionné par le prolongement du tram en 2018, rendra la rupture de charge entre le tram et les bus encore plus invivable qu’aujourd’hui si le décalage entre les projets d’interface TC et le nouveau P + R est trop grand. Cette situation deviendrait vite insoutenable pour les habitants de Bernex et Confignon. 

  5. La surface déclassée en zone 3 de développement urbain au bas du parc agro-urbain fait craindre une urbanisation contraire à l’esprit d’une césure verte non constructible et créerait un obstacle au passage de la faune. L’édification d’une modeste ferme ne nécessite pas de changement d’affectation, elle a sa place dans une zone semi - agricole. 

  6. La zone de verdure non constructible située sur Confignon doit être continuée en direction du sud comme indiqué dans le PDQ. 

  7. Dans les zones d’habitation les degrés de sensibilité au bruit doivent être de II et non de III.



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Remarques générales

Le projet global de Bernex - Est axé sur le tout à la voiture est malheureusement toujours inacceptable.
Le Département des transports n’a toujours pas apporté la preuve de la nécessité de deux routes à forte circulation en parallèle – la route de Chancy et le boulevard des Abarois. On passerait – dans un projet totalement délirant de triplement de l’offre de circulation – de 12000 v/j aujourd’hui pour la route de Chancy à 45’000 v/j (+3000 v/j pour la route de Chancy et + 30’000 pour le barreau nord) avec un nouvel aspirateur à voitures (30’000 v/j) au milieu d’un nouveau quartier. C’est totalement inacceptable.
Il est d’ailleurs physiquement impossible que l’autoroute, même élargie à 6 pistes dans quinze ou vingt ans, puisse absorber une telle charge.
A noter que le projet de 2009 – déjà excessif – prévoyait une charge supplémentaire de 16’000 v/j ou 5 000 000 de déplacements supplémentaires par année (sans le transit). Aujourd’hui cela serait de plus de 16 000 000 de déplacements supplémentaires par an avec le projet présenté.

Plan climat cantonal
Le plan climat cantonal – adopté par le Conseil d’État le 25 novembre dernier – prévoit 6 axes stratégiques. Le deuxième axe préconise une mobilité sobre en carbone avec une diminution de 40 % des émissions de GES (gaz à effet de serre) d’ici 2030. Or à Bernex on nous présente un projet avec 300 % d’augmentation de la mobilité en totale rupture avec le plan climat cantonal.

Boulevard des Abarois
Le non-choix du DETA (Département des transports) qui veut à la fois augmenter la capacité de la route de Chancy et créer une voie express (barreau nord ou boulevard des Abarois) de 2 x 2 voies + voies bus + pistes cyclables au milieu d’un quartier d’habitation va conduire le projet droit dans le mur. 
Si un boulevard des Abarois réduit devait être mené à bien (l’ASBEC demande encore à être convaincue), une diminution concomitante de la circulation sur la route de Chancy devrait  être réalisée.

L’ASBEC refuse un développement de type Los Angeles axé sur le tout à la voiture.

Le Canton doit d’abord proposer une solution acceptable en matière de mobilité et rendre son projet conforme au plan climat cantonal de novembre 2015 avant que les associations et les habitants concernés de Bernex puissent entrer en matière.

En refusant d’aborder la question de la mobilité autrement que par un triplement de l’offre, le projet de Bernex-Est tel que présenté risque – il est à craindre – de s’embourber.

Répartition modale
C’est le deuxième avant-projet de loi sur ce même sujet après celui de 2009. La première mouture du projet de Bernex-Est, alors PAC de Bernex-Est – largement inacceptable – prévoyait que 85 % des habitants et utilisateurs se déplaceraient en voiture.
Le nouveau projet n’avance pas de chiffre et ne propose pas - à tort - d’objectifs. Le tout à la voiture domine ce projet.

Nota Bene
Le site de l’ASBEC (voir interventions 2002 - 2012) retrace l’historique des interventions entre 2002 et 2012 : du PACA de Bernex au PAC de Bernex-Est en passant par le PSD de Bernex et le Grand Bernex.
Notre réponse – en compagnie de la CEST – du 6 juin 2009 à l’enquête publique 1649 garde pour l’essentiel son actualité.


En résumé l’ASBEC s’opposera fermement au projet de développement de Bernex-Est si la question de la mobilité n’est pas réglée, le plan climat cantonal respecté et le prolongement du tram vers le terminus de Robert Hainard (Vailly) inauguré en 2020 comme indiqué par le Conseil d’État.

En souhaitant que nos remarques soient prises en compte, nous vous adressons, Madame, Monsieur nos salutations les meilleures.


Copie aux communes de Bernex et Confignon, aux élus de ces communes et du Canton, aux associations concernées, aux personnes intéressées.

Réponse à l'en publique du déclassement de Bernex-Est
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