Nouvelle attaque contre la sécurité, la tranquillité des riverain·e·s et l’environnement à Genève !
LLa majorité de droite du Grand Conseil a adopté la loi 13204, qui impose une vitesse minimale de 50 km/h sur les axes structurants en zone II de la LMCE. Cette décision va à rebours des politiques de sécurité routière, de protection de la santé publique et de transition écologique menées dans toute l’Europe.
Une large coalition d’associations de mobilité, de protection de l’environnement, d’associations de quartier et de partis politiques a lancé un référendum contre cette loi passéeiste, dangereuse et irresponsable.
En privilégiant la vitesse du trafic motorisé, cette loi sacrifie la sécurité des usagers, la tranquillité des habitant·e·s et la qualité de vie dans les quartiers traversés.
La vitesse est le facteur déterminant de la gravité des collisions. Les études internationales montrent qu’un piéton heurté par un véhicule a environ 10 % de risque de décès à 30 km/h, contre près de 70 % à 50 km/h.
En imposant le 50 km/h sur de nombreux axes urbains, cette loi augmente mécaniquement la gravité des accidents, notamment pour les personnes les plus vulnérables :
enfants,
personnes âgées,
cyclistes et piétons.
Partout en Europe, les villes généralisent le 30 km/h en milieu urbain précisément pour réduire les collisions graves et mortelles. Genève ferait ici le choix inverse.
Le bruit routier constitue l’une des principales atteintes à la santé en ville. À Genève, environ 120 000 personnes sont exposées à un niveau de bruit excessif, avec des conséquences bien documentées : troubles du sommeil, stress chronique, maladies cardiovasculaires et diminution de l’espérance de vie en bonne santé.
Les populations les plus exposées vivent souvent le long des grands axes routiers, ce qui accentue les inégalités sociales de santé.
Réduire la vitesse à 30 km/h est l’une des mesures les plus efficaces et les moins coûteuses pour diminuer le bruit routier.
En imposant le 50 km/h, cette loi va à l’encontre des objectifs de protection de la santé des riverain·e·s.
La réduction de la vitesse en ville contribue également à diminuer plusieurs formes de pollution :
pollution de l’air,
émissions de gaz à effet de serre,
microparticules issues de l’usure des pneus et des freins, aujourd’hui une source majeure de microplastiques dans l’environnement.
Selon plusieurs études, près de 90 % des microplastiques rejetés dans l’environnement proviennent de l’abrasion des pneus.
Des vitesses plus basses permettent aussi de transformer l’espace public : végétalisation, aménagements cyclables et piétons, rues plus sûres et plus agréables à vivre. La loi 13204 va dans la direction opposée.
En imposant une vitesse minimale de 50 km/h sur les axes structurants, la loi retire à l’administration et aux communes la possibilité d’adapter les limitations de vitesse aux réalités du terrain.
Qu’il s’agisse d’un axe particulièrement accidentogène, d’un secteur exposé au bruit, ou d’un environnement sensible (écoles, EMS, quartiers d’habitation), la marge d’action des autorités sera fortement réduite.
La référence au droit fédéral dans la loi ne change rien à ce problème : les normes de protection contre le bruit sont déjà difficiles à appliquer et cette contrainte supplémentaire risque d’entraver encore leur mise en œuvre.
Contrairement à une idée reçue, rouler plus vite entre deux feux rouges ne rend pas la circulation plus fluide.
Des vitesses plus élevées entraînent :
davantage d’accélérations et de freinages,
des distances de sécurité plus grandes entre les véhicules,
des perturbations du trafic.
Les villes qui ont introduit le 30 km/h sur leurs axes urbains constatent souvent une circulation plus régulière, sans perte significative de temps de parcours.
La loi 13204 privilégie une vision dépassée de la ville, centrée sur la vitesse du trafic motorisé. Elle ignore les enjeux contemporains : sécurité routière, santé publique, protection du climat et qualité de vie.
Le référendum vise à préserver la capacité des autorités à adapter les vitesses aux réalités urbaines, dans l’intérêt de l’ensemble de la population.
Les politiques de généralisation du 30 km/h s’inscrivent dans un mouvement international encouragé par les organisations de santé et de sécurité routière.
Dans le cadre de la Décennie d’action pour la sécurité routière, l‘assemblée générale des Nations Unies du 30 août 2020 et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent d’adopter 30 km/h comme vitesse maximale dans les zones urbaines où les usagers vulnérables sont nombreux.
Selon l’OMS, le risque de décès pour un piéton heurté par une voiture est cinq fois plus élevé à 50 km/h qu’à 30 km/h.
Pour promouvoir cette approche, l’ONU a lancé en 2021 une campagne mondiale(en anglais et en espagnol) appelant les villes et les États à adopter la limitation à 30 km/h dans les zones habitées, afin de réduire les accidents, le bruit et les nuisances liées à la circulation.
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