Autoroute 1971 - Cherpines 2026 : même combat

Contexte historique 1971-2026

Parallèle entre le projet de l’autoroute et celui des Cherpines

D’une opposition totale

aux propositions et à la négociation

Nos associations sont souvent présentées comme « d’éternelles insatisfaites qui disent NON à tout ». Cette image est profondément inexacte. Nous sommes avant tout des forces de proposition. Mais il arrive que dire NON soit salutaire, voire nécessaire : c’est parfois une condition pour faire progresser la concertation, le dialogue et, in fine, la qualité des projets.

Illustrons cela à travers deux expériences vécues à Confignon et Bernex, mises en parallèle tant leurs similitudes sont frappantes.

 

D’un côté, le combat mené pendant vingt-cinq ans par l’Association pour la Sauvegarde de Confignon (ASC) et l'ASBEC créées à cette occasion, porté notamment par deux figures emblématiques, Madame Jeanne Blanchet et Monsieur Georges Holdener, contre le projet d’autoroute de contournement.

De l’autre, l’opposition portée par les associations depuis près de quinze ans au projet des Cherpines tel qu’il est aujourd’hui envisagé, rejoignant en cela la position des habitants des communes limitrophes, qui avaient toutes voté contre le déclassement de ce périmètre agricole.

 

Dans les deux cas, il s’agit de grands projets cantonaux, présentés au nom de l’intérêt général, mais dont les impacts environnementaux, territoriaux, de mobilité et financiers sont concentrés sur une petite commune et sur un territoire particulièrement sensible : la plaine de ’Aire, la rivière de l’Aire et son vallon.

 

 

 

Grâce à la lutte opiniâtre de l'ASBEC et de l'ASC dans les années septantes, l'autoroute est aujourd'hui en tranchée à Bernex et en tunnel sous Confignon (Photo ASBEC)
Grâce à la lutte opiniâtre de l'ASBEC et de l'ASC dans les années septantes, l'autoroute est aujourd'hui en tranchée à Bernex et en tunnel sous Confignon (Photo ASBEC)

À l’époque, le projet initial de l’autoroute prévoyait une infrastructure à ciel ouvert traversant la presqu’ile de Loëx à Bernex et le territoire de Confignon. Il compromettait notamment la construction de l’école primaire de Confignon et entraînait des atteintes majeures au paysage, à la césure verte Rhône–Aire, à la rivière de l’Aire et à son vallon, ainsi qu’à la santé des habitants.

 

De manière comparable, le projet des Cherpines prévoit aujourd’hui un quartier à très forte densité, implanté à proximité immédiate de l’Aire. Il soulève des préoccupations analogues en matière de préservation environnementale, de mobilité, de qualité de vie et de cohérence territoriale, auxquelles s’ajoute la question d’un financement encore non garanti.

Au-delà de la nature des projets, la comparaison est particulièrement pertinente au regard du déroulement des processus politiques et démocratiques : référendums successifs et changement de Conseiller d’État.

 

Dans le dossier de l’autoroute, deux référendums ont eu lieu. Surtout, à un moment clé, l’arrivée d’un nouveau Conseiller d’État a profondément modifié la dynamique du dossier.

Son entrée en fonction, marquée par une ouverture au dialogue à un moment stratégique, a permis d’ouvrir un espace de négociation déterminant, conduisant à une transformation majeure du projet.

 

Dans le cas de l’autoroute, cela s’est traduit par le passage d’une infrastructure à ciel ouvert à une autoroute en tunnel pour Confignon et à un tracé en tranchée ouverte pour Bernex, dont les effets bénéfiques pour les habitants ne sont aujourd’hui plus contestés.

 

Dans le dossier des Cherpines, l’arrivée, là aussi, d’un nouveau Conseiller d’État pourrait permettre une amélioration significative du projet, non dans ses objectifs fondamentaux, mais dans son degré de densité, son insertion territoriale, son financement, ainsi que sa relation au vallon de l’Aire et aux enjeux de mobilité.

Les autorités actuelles accepteront-elles, comme par le passé, de considérer le référendum non comme un obstacle, mais comme une invitation à repenser le projet afin de concilier l’intérêt général cantonal et la protection durable du territoire local ?

 

Ce parallèle rappelle qu’à Confignon et à Bernex, la démocratie directe et l’engagement citoyen et associatif ont permis — et pourraient encore permettre — de réorienter des projets majeurs.

 

Dire NON est, plus souvent qu’on ne le pense, positif.

 

Margareth Robert-Tissot, présidente de l'ASC

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